Philippe Martin, le ministre de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie, a présenté vendredi 2 août, un "projet d’ordonnance relatif à la mise en œuvre du principe de participation du public défini à l’article 7 de la Charte de l’environnement".
Vous pourrez accéder, grâce aux liens ci-dessous, aux documents suivants:
- Ordonnance du 5 août 2013 (J.O. du 6 août 2013)
- Rapport au Président de la République (J.O du 6 août 2013).
mardi 13 août 2013
mercredi 31 juillet 2013
Cessons de crier au loup!
Consultés depuis la mi-juillet par plusieurs de nos amis
adhérents inquiets, qui nous signalaient une « alerte » en raison de
l’imminence d’un « forage pétrole de schiste en Seine-et-Marne » et
de ce qui était décrit comme une « première phase d’exploration du pétrole
de schiste », il nous semble utile de faire, à nouveau, le point afin de
couper court à ce qui pourrait constituer une nouvelle tentative de
désinformation, nuisible à la cause que nous défendons sans relâche depuis
avril 2011.
Bien évidemment nous ne saurions nous leurrer sur les véritables intentions des pétroliers ou autres gaziers dans le Bassin parisien ou ailleurs : gagner du temps en attendant, espèrent-ils, de pouvoir mener à bien, dans un avenir plus ou moins distant, leurs objectifs d’exploration et d’exploitation des hydrocarbures (liquides ou gazeux) de roche-mère.
A l’heure où nous rédigeons ces lignes seule une
vigilance s’impose, une vigilance totale certes, mais une vigilance éclairée,
loin de tout loin de tout amalgame et autre manipulation.
Toutefois, alors que l’intention première de ces
industriels est toujours d’actualité, elle se heurte aujourd’hui à :
-
une législation interdisant la fracturation
hydraulique, seul procédé utilisé dans l’exploration et l’exploitation du schiste
(Loi du 13 juillet 2011, dite « Loi Jacob »)
-
et à une explicitation
de la réglementation extrêmement claire grâce à la circulaire du l’ancienne
ministre de l’environnement en date du 21 septembre 2012 et à sa mise en œuvre concrète par les arrêtés
préfectoraux du 30 avril 2013 concernant les forages de recherche de
Chartronges, Doue et Jouarre (La Petite
Brosse ). Voir documents ci-dessous :
Afin de permettre à chacun de mieux comprendre cette
réalité nous vous invitons à consulter les documents accessibles grâce aux
liens ci-dessus.
Chacun pourra ainsi vérifier qu’il n’y a aujourd’hui
aucune menace directe d’exploration du schiste contrairement à ce que certaines
rumeurs voudraient nous le faire croire. Rappelons par ailleurs que pareille
exploration nécessiterait l’utilisation de la fracturation hydraulique, procédé
interdit en France depuis la loi Jacob (cf. supra) pour l’exploration et l’exploitation des mines d’hydrocarbures liquides ou
gazeux.
Pareilles rumeurs sont
dangereuses, on peut d’ailleurs s’interroger sur leur motivation véritable.
Chacun pourra y réfléchir. Contentons
nous de suggérer qu’elles sont, pour le moins, le fruit de tentatives de
manipulation partisanes et font tristement le jeu des pétroliers en jetant le
discrédit sur le mouvement citoyen auquel nous participons pleinement et qui
s’est mis en place début 2011.
Potentiellement plus
dangereuse, dans un avenir proche, est la décision qui doit être rendue à
l’automne (au plus tard le 12 octobre prochain) par le Conseil Constitutionnel
sur la QPC (Question Prioritaire de Constitutionnalité) que lui a transmise le
Conseil d’Etat le 12 juillet dernier. En effet, si le Conseil Constitutionnel
débouchait sur une déclaration d’inconstitutionnalité des articles 1 et 3 de la loi du 13 juillet
2013 cela pourrait rapidement conduire à un début d’exploration des
hydrocarbures dits « non conventionnels ».
Cependant le danger reste en partie maîtrisé car ce
risque pourrait être immédiatement contré par une décision du gouvernement de
présenter un nouveau texte de loi qui intègrerait les recommandations et les
conclusions du Conseil Constitutionnel.
C’est d’ailleurs cette formule que semble retenir l’actuel ministre de
l’environnement, M. Philippe Martin, dans un entretien accordé au Journal du Dimanche (21 juillet 2013)
que nous citons ci-après :
Question du JDD : « Que ferez-vous si le Conseil constitutionnel
annule l'interdiction d’explorer? »
Réponse de Philippe
Martin :
« Nous allons défendre
la loi qui interdit la fracturation hydraulique. Mais s'il y avait une censure,
même partielle, nous rétablirions l'interdiction sans hésitation. Il n'y aura
pas de faille ouverte pour ceux qui souhaitent revenir sur cette loi. »
Source JDD, le 21/07/2013
Avant de conclure, rappelons aussi la prise de position,
du Président de la République à l’occasion de son interview du 14 juillet
dernier : "Tant que je suis président, il n'y aura pas d'exploration de gaz
de schiste".
F. Hollande parle bien « d’exploration », ce qui signifie que
la recherche et l’exploration ou évaluation du sous-sol avec fracturation
hydraulique sont exclues. Ici aussi, il
conviendra, certes, de rester vigilant, mais la clarté de cette prise de
position est indiscutable. Il est vain et quelque peu malhonnête de vouloir ici
opposer « gaz » et « huile » comme certains semblent tentés
de le faire.
En conclusion, les travaux entrepris aujourd’hui dans le Bassin
Parisien par les entreprises HESS et Vermilion, y compris à Jouarre et à
Chartronges, sont des forages conventionnels. A Chartronges, comme à la Petite
Brosse, les forages qui ont eu lieu ou qui sont le point de commencer visent à
analyser la colonne sédimentaire jusqu’à une profondeur se situant entre 3000
et 3500 m.
C’est ce qui peut donner lieu à des interrogations légitimes, car à
cette profondeur on voit bien que le Lias – où se trouverait une réserve
potentielle d’huile de schiste – est concerné.
Ainsi on peut, bien évidemment,
s’interroger sur le bien fondé de ces forages, mais répétons le, il ne s’agit
pas d’une exploration du schiste qui nécessiterait l’emploi de la fracturation
hydraulique.
Ce sont, en partie, des manœuvres qu’il convient de placer dans un
cadre économique purement spéculatif permettant de justifier l’existence d’une
activité réelle auprès d’actionnaires. Il serait donc irresponsable et partisan
que de vouloir inquiéter indûment les populations en laissant croire ou, plus
grave encore, en colportant la rumeur qu’une exploration du schiste en bonne et
due forme aurait bel et bien déjà
commencé.
En outre, il nous semble utile de parvenir à une meilleure connaissance
de notre sous-sol, ne serait-ce que pour constater que « l’eldorado »
que l’on voudrait nous faire miroiter ne se trouve pas sous nos pieds. De
nombreux spécialistes s’insurgent aujourd’hui contre l’inflation des
estimations proposées par l’industrie et quelques économistes.
Comme toujours sachons raison garder !
jeudi 11 juillet 2013
La tragédie de Lac-Mégantic: des leçons à tirer
« … dans la nuit de samedi dernier, un convoi de 73
wagons-citernes de la Montreal, Maine and Atlantic Railway (MMA) remplis de
pétrole brut, a déraillé dans le centre-ville de Lac-Mégantic avant d'exploser.
Les explosions et les incendies qui ont suivi ont ravagé une trentaine de
bâtiments et fait plusieurs dizaines de victimes potentielles. »
(Source : Radio Canada)
L’accident tragique survenu dans la petite ville de
Lac-Mégantic dans la nuit du samedi 6 juillet doit nous interpeler.
Sur un plan humain tout d’abord, car nous ne pouvons, bien
évidemment, pas rester indifférents face au drame qu’il a engendré : à ce
jour on dénombre une cinquantaine de victimes et la destruction du centre ville
historique de cette petite bourgade.
Sur un aspect plus technique ensuite, car il met en évidence
un des dangers directement liés à l’exploitation des hydrocarbures de
roche-mère aux Etats-Unis : celui des risques inhérents au transport de
ces hydrocarbures.
Aussi il nous a semblé utile et pertinent de faire appel à notre
ami Marc Durand afin de lui demander de nous proposer son éclairage et sa
première analyse sur cet événement, qui, nous le verrons dans son billet, était
malheureusement prévisible :
« Dans le cas
du pétrole de roche-mère du Dakota, il y avait cet élément
complètement passé sous le radar: son transport au travers de l'Amérique vers
les marchés de l'Est. Ça passe par les Cantons de l'Est, ma région, et c'est un
accident tragique, pourtant pas surprenant du tout maintenant qu'on en analyse
les causes après coup.
Après coup, c'est toujours
plus facile; la réalité des choses résulte elle de TOUS les paramètres. Nos
analyses, nos débats nous semblent rigoureux et pourtant cet événement nous dit
le contraire. Un paramètre pas vraiment pris au sérieux, s'invite de cette
façon tragique dans le débat. Et des victimes innocentes, pas du tout
impliquées, paient un prix exorbitant juste pour nous ramener à cette réalité.» (Marc Durand)
Nous
remercions, une nouvelle fois, Marc Durand pour son analyse et nous reviendrons
sur ce point à l’occasion de notre réunion publique prévue à l’automne prochain
puisque nous serons en liaison directe avec des résidents et des associations
du Dakota du Nord, qui sous de nombreux aspects, et en particulier celui de sa
géologie, est comparable au Bassin Parisien.
Vous pouvez lire le billet de Marc Durand en cliquant sur le lien ci-dessous:
Article de Marc Durand
Vous pouvez lire le billet de Marc Durand en cliquant sur le lien ci-dessous:
Article de Marc Durand
dimanche 2 juin 2013
Présentation du rapport d'étape de l’OPECST
Même si ses conclusions sont déjà largement prévisibles, nous suivrons, et vous invitons à suivre cette semaine, la présentation du rapport d’étape sur les "techniques alternatives
à la fracturation hydraulique pour l’exploration et l’exploitation des gaz de schiste" .
Cette présentation aura lieu au Sénat mercredi 5 juin à 17h.
Nous vous proposerons un compte-rendu sur ce blog.
mardi 28 mai 2013
Sept arrêtés préfectoraux (Préfecture de Seine-et-Marne) en date du 30 avril 2013
Petit point sur les récents développements liés aux arrêtés que Mme le Préfet de Seine et Marne a pris le 30 avril. Ces arrêtés viennent verrouiller les possibilités d'exploitation du schiste en interdisant les travaux de « reconnaissance horizontale dans les formations du Lias ».
Ils nous paraissent de bonnes avancées. Cela dit, ils reposent sur la loi interdisant l'exploration et l'exploitation d'hydrocarbures non conventionnelles (dite "loi Jacob" promulguée le 13 juillet 2011), loi aujourd'hui attaquée par une question prioritaire de constitutionnalité, et qui pourrait donc être censurée.
Voici les liens vers ces arrêtés préfectoraux pour plus de détails. Ils concernent notamment les permis de :
- Doue (Arrêté préfectoral n° 2013/DCSE/M/011)
- Jouarre (Arrêté préfectoral n° 2013/DCSE/M/012)
- Signy-Signets (Arrêté préfectoral n° 2013/DCSE/M/013)
- Chartronges (Arrêté préfectoral n° 2013/DCSE/M/014)
- Saint-Mars-Vieux-Maisons (Arrêté préfectoral n° 2013/DCSE/M/015)
- Nonville (Arrêté préfectoral n° 2013/DCSE/M/016)
- Sourdun (Arrêté préfectoral n° 2013/DCSE/M/017)
http://www.seine-et-marne.pref.gouv.fr/sections/recueil_des_actes_ad/recueils_2013/1er_semestre/recueil_des_actes_ad5700/downloadFile/attachedFile/raa_n21_du_21_mai_2013_40_pages.pdf?nocache=1369141314.06
Le Pays Briard a également écrit un article sur la question : http://www.lepaysbriard.fr/petrole-les-forages-horizontaux-interdits-9277/
De notre côté, nous restons toujours attachés à notre demande de mise en place d'un véritable moratoire s'inscrivant dans la durée.
mercredi 24 avril 2013
L'interdiction d'utiliser la fracturation hydraulique anticonstitutionnelle ?
C'est en tout cas ce que soutient
la société Schuepbach qui a déposé une question prioritaire de constitutionnalité
au Conseil constitutionnel (QPC) visant les articles 1er et 3 de la
loi du 13 juillet 2011, dite « loi Jacob »
Le pétrolier texan utilise cette procédure dans le cadre d'une contestation de l'abrogation de ses permis de recherche (Nant et Villeneuve de Berg) contre le ministère de l'Ecologie et du Développement durable, devant le tribunal administratif de Cergy-Pontoise.
La question prioritaire de
constitutionnalité a été introduite par la réforme constitutionnelle du 23
juillet 2008, et permet à tout justiciable de contester devant le Conseil
constitutionnel une disposition législative qui porterait atteinte à ses droits
et libertés, garantis dans la Constitution. La recevabilité de la question est
étudiée par le Conseil d’Etat, la plus haute juridiction de l’ordre administratif.
Une fois saisi de la question, le
Conseil constitutionnel dispose de trois mois pour y répondre. Pour mémoire,
nous rappelons qu’il est composé de neuf membres nommés pour 9 ans : trois
par le président du Sénat, trois par le président de l’assemblée et trois par
le président de la République. Les anciens présidents en sont membres à vie de
droit.
Sur quoi s’appuie la QPC ?
Schuepbach estime que
l’interdiction de la fracturation hydraulique ne respecte le principe d’égalité
des citoyens devant le droit. Pour le pétrolier, autoriser la géothermie
profonde – qui a recourt à la fracturation hydraulique – mais l’interdire pour
l’exploitation des hydrocarbures de schiste est contraire à la constitution.
Il nous faut rappeler que si la
géothermie profonde utilise effectivement cette technique, les implications ne
sont nullement comparables avec celles induites par la fracturation de la roche
mère. Les produits utilisés ne sont pas les mêmes, les quantités en jeu ne sont
pas comparables, et l’objet sur lequel porte la technique n’est pas le même.
Par analogie, si une foreuse est le bon outil pour percer une planche en bois,
il est vivement déconseillé de l’utiliser pour percer un pipeline. Prétexter
que puisque l’outil est le même, les implications sont les mêmes, est
clairement fallacieux.
Reste que si le Conseil
constitutionnel invalide la loi Jacob, l’utilisation de la fracturation
hydraulique par les pétroliers pourrait survenir extrêmement rapidement, dans
la mesure où les permis sont d’ores et déjà attribués.
Une décision à surveiller de près.
Pour de plus amples détails sur la QPC, consultez le Conseil National des Barreaux
Pour de plus amples détails sur la QPC, consultez le Conseil National des Barreaux
lundi 22 avril 2013
OPECST : Audition du 18 avril 2013 - "Les techniques alternatives à la fracturation hydraulique pour l'exploration et l'exploitation des hydrocarbures non conventionnels".
« Le Pays Briard » nous informe d’un dossier important portant sur les travaux de L'OFFICE PARLEMENTAIRE D'ÉVALUATION DES CHOIX SCIENTIFIQUES ET TECHNOLOGIQUES qui tenait une audition ouverte à la presse, jeudi 18 avril, sur le thème : "Les techniques alternatives à la fracturation hydraulique pour l'exploration et l'exploitation des hydrocarbures non conventionnels".
Pour vous
permettre d’avoir une connaissance complète de cette séance, nous vous
conseillons parallèlement de prendre le temps de visionner l’ensemble de cette
audition, à partir du lien ci-dessous :
http://www.assemblee-nationale.tv/chaines.html?media=4216&synchro=0&dossier=12
Vous le
savez, nous vous proposons toujours de prendre connaissance des sources
primaires afin de permettre à chacun de faire sa propre analyse et de se forger
une opinion.
Nous vous
proposerons une analyse des travaux de cette commission lors de la remise du
rapport d’étape prévu avant l’été. dimanche 21 avril 2013
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